Confinement – jour 3

Confinement jour 3, jeudi 19 mars 2020

Dans la forêt,

Je me suis assise là, dans la forêt, à quelques mètres à peine du chemin.
D’ordinaire très calme, cela ne change pas en ces temps exceptionnels.
Après lui avoir demandé l’autorisation, je me suis assise au pied d’un grand épicéa, il m’offre une lumière entre deux, tamisée, dans cette douce atmosphère printanière.
J’écoute les différents chants d’oiseaux, j’en reconnais certains.
Parmi eux, celui de la buse, un sifflement perçant qu’on entend de très loin, résonne toujours profondément en moi. Il y a aussi les chants des moineaux, rouge-gorges, mésanges, chardonnerets, merles, un joyeux concert. C’est amusant car j’entends clairement qu’ils communiquent entre eux d’arbre en arbre. Ici, on ignore tout de ce qui se passe dans le pays des hommes.
Je les écoute et distingue des petits coups sourds comme si on tapait sur du bois avec un maillet.
J’ai d’abord pensé que peut-être quelqu’un approchait et puis non, il s’agit en fait d’un pic. Pic vert ou pic épeiche, je ne sais pas mais il y allait de ses coups de becs !
Au loin, en arrière plan, j’entends un petit torrent descendre de la montagne.
Je me laisse aller à fermer les yeux pour mieux écouter tous ces sons et certains oiseaux se rapprochent sur une branche. Je ne les vois pas forcément mais les découvre lorsqu’ils s’envolent, dans l’après-coup.
Au sol, je suis assise sur un tapis d’aiguilles parmi des cônes d’épicéa, des bouts de branches fines, des écailles d’écorce, du lichen, des feuilles d’automne provenant des arbres voisins, hêtres, noisetiers…
Les premières touffes d’herbe verte émergent de ce tapis aux couleurs brunes. Elles mesurent quelques centimètres à peine. Quelques résidus épars de névés ponctuent ce tapis de tâches blanches. Jour après jour, ils fondent, goutte à goutte, et s’évanouissent.
Les premiers papillons ont commencé leurs valses tourbillonnantes. Des marrons, des noirs, des orangés et des jaunes citrons, mes préférés ! Les papillons sont de la joie en mouvement.
D’ailleurs, l'un d'eux est venu me faire sa révérence.
Il était temps pour moi aussi de tirer la mienne et de rentrer.

Carolao

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